
Château de La Roche-Guyon
Véritable repère dans le paysage, le donjon s'impose en gardien du château de La Roche-Guyon et des siècles d'histoire qu'il a vu défiler. Erigé vers 1190, ce donjon est rapidement complété de deux enceintes, le tout étant achevé dans les premières années du XIIIe siècle. Il faut l'imaginer bien plus imposant qu'il ne l'est aujourd' hui. Haut d'une vingtaine de mètres à présent, il en faisait plus de trente à l'origine et dominait la vallée de la Seine tout en permettant de garder un oeil vigilant du côté du plateau, en direction de la vallée de l'Epte et de la Normandie toute proche. Resté inchangé pendant des siècles, le donjon a beaucoup souffert pendant la Révolution. Le 2 octobre 1793, le conseil général de Seine et Oise ordonne sa destruction : le site pouvait devenir dangereux si les contre-révolutionnaires s'en emparaient. Mais c'est également à un symbole de la noblesse et de la monarchie que l'on s'attaque alors. Le donjon ne sera pas totalement démonté mais aura à subir les bombardements de la Seconde Guerre mondiale qui ont contribué à son érosion. Le seul moyen d'accéder au donjon est d'emprunter l'escalier souterrain creusé dans la falaise, qui relie le château du bas à celui du haut. Son tracé laisse penser qu'il a été percé par deux équipes allant à la rencontre l'une de l'autre. Il faut compter près de 250 marches pour arriver dans la cour intérieure, au pied du donjon. Arrondi vers la vallée, il est effilé en éperon vers le plateau, en forme d'amande. En effet, la tour est renforcée du côté par lequel elle était susceptible d'être attaquée. La falaise offrait quant à elle une protection naturelle. Le donjon mesure près de douze mètres de diamètre à l'extérieur. Les murs ont donc une épaisseur moyenne de trois mètres. L'éperon, quant à lui, est large de quatre mètres.





